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Hisatoire de la Franc Maçonnerie bernay lisieux deauville trouville

La Franc Maçonnerie à une longue histoire qui pour la partie moderne remonte à la guerre d' églises ( ne pas confondre églises et religions ) que connut l'angleterre au début du 18 ème siècle . C'est au théologien et astrophysicine Newton que l'on attribue  la volonté de crééer une organisation qui ....

Les Maçons au Moyen Âge

 Les registres des municipalités l’attestent, le Moyen Âge connut beaucoup de sociétés professionnelles. Marchands et artisans se réunissaient dans des confréries ou des corporations chargées de gérer les intérêts du métier : formation, embauche, attribution des chantiers…
Mais à cette époque, le travail quotidien de chacun s’inscrit dans une vision du monde profondément imprégnée de sacré. Aussi, ces organisations de métier ne se limitent pas à gérer les problèmes techniques mais prennent en charge tout un pan de la vie de leurs membres de la solidarité à la spiritualité.
Les Anciens Devoirs – les statuts des Maçons médiévaux – présentent, à côté de différentes dispositions réglementaires, une histoire mythique et édifiante du métier. Ainsi, la Maçonnerie, fille de la Géométrie, a été fondée par Euclide en Egypte et diffusée en Europe par Pythagore ! En méditant ce récit des origines, le maçon médiéval inscrit son labeur journalier dans le combat séculaire des forces de la Lumière contre les forces des Ténèbres.
Au XVIIe siècle, en Ecosse, quelques loges vont accepter des membres étrangers au métier. Ces maçons acceptés sont à l’origine de la Franc-maçonnerie spéculative moderne. Cette entrée importante d’« acceptés » en quelques années laisse supposer un projet sous-jacent mais, en dépit de nombreuses hypothèses, on ignore lequel.

Création de la Grand Loge de Londres et de Westminster

 Les loges rassemblant des Maçons « acceptés » – et donc tout à fait étrangères aux problèmes du métier – vont se multiplier en Grande-Bretagne au XVIIe siècle. Peut-être constituaient-elles un refuge pour les hommes de bonne volonté dans une Angleterre déchirée par les guerres de religions et les querelles dynastiques.
En 1717, à Londres, quatre loges – dont on ne sait si elles existaient depuis quelques jours ou de nombreuses années – se fédèrent et créent la Grande Loge de Londres et de Westminster.
Les animateurs de la nouvelle Grande loge, en dépit de leurs dénégations, semblent avoir constitué une organisation profondément nouvelle. On ne peut que remarquer les liens de beaucoup d’entre eux – au premier rang desquels le huguenot français Jean-Théophile Désaguliers – avec la Royal Society et les milieux Newtoniens. Les disciples de Newton prônaient la tolérance religieuse et l’étude de la nature.

Implantation de la Franc-maçonnerie en France

C’est autour de 1725, qu’apparaissent les premières loges en France. Elles s’implantent dans l’ambiance libérale et anglophile apparue sous la Régence et ne touchent d’abord que la haute aristocratie.
L’authenticité de la filiation rituelle est dès l’origine une préoccupation des Maçons. Avant que les Grandes Loges ne centralisent l’octroi de patentes aux nouveaux ateliers, ceux-ci les demandaient aux loges anciennes et bien établies qui se créaient ainsi tout un réseau de loges filles.

La Maçonnerie des Bonaparte

 Entre 1800 et 1815, la Maçonnerie fut à la fois favorisée et étroitement contrôlée. La bourgeoisie voyait en Napoléon un rempart contre le retour de l’Ancien Régime et les dérives de la Révolution. Les élites bourgeoises qui accèdent au pouvoir grâce à la Révolution et à l’Empire ont souvent maçonné sous l’Ancien Régime. Elles restent en général fidèles à l’Ordre. Sur les 25 maréchaux d’Empire, 17 sont Francs-Maçons, dont Bernadotte, Brune, Kellerman, Lannes, Mac Donald, Masséna, Mortier, Murat, Ney, Oudinot. Le Grand Maître est Joseph Bonaparte, le frère de l’Empereur, et les loges sont effectivement gouvernées par Cambacérès.
Le Grand Orient connaît alors un grand développement dans les 139 départements que compta la France impériale à son apogée. La Maçonnerie est cependant un des rares endroits où les opposants – modérés – à l’Empire furent tolérés. Ainsi les « Idéologues », Cabanis, Destutt de Tracy, Garat, qui avaient essayé d’établir sous le Directoire une République « à l’américaine », purent continuer à maçonner. Par ailleurs, dans toute l’Europe napoléonienne, la Maçonnerie impériale fut l’outil de diffusion de la philosophie des Lumières, à laquelle étaient massivement restés fidèles les cadres de l’Empire. Les principes philosophiques et religieux de la Révolution restent à l’honneur… seules les questions politiques sont totalement proscrites ! Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie ou Murat, roi de Naples sont aussi Grands-Maîtres en leur royaume.
L’Empire a été une période faste pour les rites et les décors maçonniques. Le Rite Français reste largement majoritaire, le Rite Ecossais Ancien et Accepté s’implante et est promis à un bel avenir mais on pratique aussi les Rites Ecossais Philosophique, d’Heredom de Kilwinning, de Perfection ou des Ecossais Primitifs… Les tabliers deviennent somptueux et de prestigieux graveurs comme le frère Coquardon frappent de superbes jetons de présence de loge.
A la suite de l’expédition du Caire, la Maçonnerie verse dans une intense égyptomanie. Dans « La Franc-maçonnerie rendue à sa véritable origine », Alexandre Lenoir explique les sept grades du Rite Français à la lumière des mystères de Memphis, sanctuaire de l’« initiation éternelle » et en 1813 apparaît le Rite de Misraïm ou d’Egypte.

Le cheminement souterrain des idées républicaines

 Comment l’institution politiquement conformiste qu’était la Maçonnerie sous le Premier Empire devient, en quelques décennies, l’une des principales caisses de résonance des idées nouvelles ? Sous la Restauration, les loges d’orientation explicitement progressiste et politique sont de rares exceptions. Mais les groupes d’opposition comme la Charbonnerie leur sont très liés. Par ailleurs, même la majorité des ateliers maçonniques, en professant et en mettant en œuvre une sociabilité libérale où étaient invoquées la vertu et la fraternité humaine ont rempli, probablement inconsciemment pour la plupart d’entre eux, le rôle de conservatoires des principes de 1789.
En 1830, de très nombreux maçons sont impliqués dans les Trois Glorieuses et le Parti du Mouvement, dont le Frère Lafayette est la figure emblématique, apparaît largement maçonnisé. L’échec politique des libéraux de progrès à partir de 1834 accentuera le brassage des idées nouvelles dans les loges. En 1836 « Les Elus de Sully », à Brest, demande, sans succès, au Grand Orient de changer leur titre en « Les Disciples de Fourier ». A Paris, « La Clémente Amitié » organise des cours de Fouriérisme. L’intérêt pour les questions politiques et sociales n’est plus l’exception. 1848 verra l’émergence de la première génération de loges engagées. Le gouvernement de la Seconde République compte de nombreux maçons dont Flocon, Crémieux, Garnier-Pagès, Pagnerre, Carnot et Shoelcher qui fait aboutir son généreux combat pour l’abolition de l’esclavage.
L’échec des démocrates-socialistes à partir de 1849 porte un coup très dur à des dizaines de loges du Grand Orient. Le préfet conservateur de l’Yonne se plaint que la loge « Le Phénix » « initie… aux funestes doctrines du socialisme ». Le Vénérable de « L’Unanimité » est l’un des « meneurs du parti révolutionnaire ». L’engagement de nombreuses loges en faveur d’une République sociale mit en difficulté l’administration du Grand Orient lors du retour au pouvoir du parti conservateur. La Maçonnerie était en ligne de mire. La diplomatie du frère Perier, secrétaire de l’obédience, réussit à limiter la répression à la fermeture définitive de 5 ou 6 ateliers au plus, les plus engagés, et à la suspension provisoire de quelques dizaines de loges. Les « Démoc-Soc » quarante-huitards réfugiés à Londres constituent des loges d’opposants à Napoléon III.

Le Second Empire

 Pour survivre à la proclamation de l’Empire Autoritaire et prévenir toute interdiction de la Maçonnerie après le Coup d’état du 2 décembre, le Grand Orient dut donner des gages. Il porta donc à sa présidence Lucien Murat, un proche de Napoléon III qui n’était pas des plus éclairés. Il tenta de constituer une maçonnerie « officielle » limitée à l’exercice du rituel, à la bienfaisance et à l’étude de la morale. On doit néanmoins mettre à son actif l’achat de l’ancien hôtel du Maréchal de Richelieu, qui est aujourd’hui encore le siège du Grand Orient de France. Cette tentative de reprise en main autoritaire du Grand Orient créa de multiples oppositions, au point que le Grand Maître Murat fut obligé de se retirer en 1861.

La liberté de conscience et la question des femmes

 La consolidation de la IIIe République dans les années 1880 marque donc le retour de la Maçonnerie dans l’espace social où se fait l’Histoire.
Il va s’accompagner d’un profond renouvellement de l’institution. Le courant progressiste lancé en 1860 par Massol – le prophète de la «Morale indépendante» – prend le pouvoir au Grand Orient en 1880. A la même époque les loges bleues du Suprême Conseil s’émancipent pour finalement créer la Grande Loge de France. Les jeunes cadres de la nouvelle République, marqués par le positivisme, vont aussi vouloir réformer la Maçonnerie pour en faire un outil au service du progrès de l’humanité.
Ainsi – héritage croisé du déisme des Lumières et du spiritualisme de 1848 – la Constitution du Grand Orient précisait que la Franc-maçonnerie avait pour principes « l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme ». Cette obligation de nature religieuse n’était plus respectée dans les faits à une époque où les élites intellectuelles étaient profondément marquées par l’agnosticisme philosophique d’Auguste Comte. En 1877, le Convent du Grand Orient de France abolit donc cette obligation. Ainsi, est née la Maçonnerie libérale – ou adogmatique – qui, considérant que l’engagement maçonnique n’est pas d’essence religieuse, laisse à ses membres la liberté de croire ou de ne pas croire. Cette décision fait aujourd’hui encore l’originalité du Grand Orient en le mettant à l’avant-garde, selon les uns, ou hors la loi, selon les autres, de la Franc-maçonnerie universelle.
A partir du moment où la Maçonnerie se voulait le fer de lance de l’émancipation de l’Humanité, il était de plus en plus difficile d’exclure la moitié de celle-ci de l’initiation maçonnique. Tant à la Grande Loge qu’au Grand Orient, les débats sur l’entrée des femmes en Franc-maçonnerie vont se multiplier entre 1880 et 1920. Deux solutions apparaissent. En 1893 se crée une obédience accueillant hommes et femmes sur un pied d’égalité : l’« Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain ». En 1901, la Grande Loge de France refonde les loges d’adoption ne réunissant que des sœurs. Ces loges d’adoption prendront leur indépendance et constitueront par la suite la Grande Loge Féminine de France. A côté du « Droit Humain » se sont formées d’autres obédiences mixtes comme la G.L.M.U. ou la G.L.M.F.

L'entre deux-guerre ou l'ère des interrogations

 Les lendemains de la « Guerre de 14 » sont une période de doutes et d’interrogations pour la conscience européenne. Le progrès, la science, la démocratie n’ont pas empêché l’horreur des tranchées qui a englouti sauvagement toute une partie de la jeunesse. Les maçons n’échappent pas à cette ambiance de remise en question. D’autant que si la République, fermement installée au prix de combats et de sacrifices, a apporté beaucoup – libertés publiques, enseignement, début de protection sociale – l’usure du pouvoir commence aussi à se faire sentir. Le « Cartel des Gauches » sera le dernier grand combat politique dans lequel les loges s’engageront directement.
De ces interrogations, la personnalité d’Arthur Groussier est emblématique. Issu de la politique militante – parlementaire socialiste, il est le créateur du Code du Travail – il invite les maçons à se pencher sur leur histoire et à revisiter leur patrimoine symbolique. Oswald Wirth et sa revue « Le Symbolisme », Edmond Gloton et « La Chaîne d’Union », témoignent du retour d’un intérêt pour les questions spécifiquement maçonniques. Dans cette perspective, le Grand Orient réveille le Régime Ecossais Rectifié. Toujours soucieuse de la place de l’homme dans la cité, la démarche maçonnique se veut cependant plus philosophique que directement politique. Ce recentrage s’accompagne d’une active politique internationale. Grâce à l’ « Association Maçonnique Internationale », la maçonnerie française établit des relations d’amitié avec la plupart des grandes obédiences européennes.

Les lois antimaçonniques

 Si l’antimaçonnisme est contemporain de l’apparition des loges au XVIIIe siècle, il connaît une véritable flambée à partir de 1870. Rome et les prélats français voient dans la maçonnerie « La Synagogue de Satan » et – professant aussi un antisémitisme virulent – ils dénoncent le « complot judéo-maçonnique ». De la Révolution Française à l’avènement de la IIIe République, les loges sont accusées d’avoir été le fer de lance de l’humanisme et du modernisme. Dès que l’extrême-droite prend le pouvoir – en Italie, en Allemagne et en France à l’occasion de l’occupation nazie – les loges sont interdites et les maçons pourchassés. Le régime collaborateur de Vichy édictera des lois antimaçonniques, pillera les temples ; de nombreux frères mourront en camps de concentration. La Franc-maçonnerie sera l’une des composantes importantes de la Résistance.

Aujourd’hui Le GODF

Les membres du Grand Orient de France travaillent, outre les thèmes symboliques propres à toute obédience maçonnique, les dossiers qui préparent une société plus juste et plus fraternelle, concourant ainsi à l’expression citoyenne et à l’émancipation des peuples. Dans le panorama maçonnique contemporain, cette double démarche fait la spécificité du Grand Orient de France qui, depuis plus de 250 ans d’histoire, se veut être acteur de la transformation sociétale.

L’évolution statutaire récente la plus significative du Grand Orient de France est celle qui en 2010, a rouvert aux femmes qui le souhaitent le chemin de ses Loges, renouant ainsi avec ses pratiques du XVIIIe siècle.

Les membres du Grand Orient, actuellement au nombre de 52 472 (dont 6 147 sœurs), sont répartis dans 1 389 loges, dont 1 228 en France hexagonale, 57 dans les départements et collectivités d’outre-mer, 56 en Europe et 48 dans le monde (chiffres au 31 août 2023).

Le Grand Orient de France ne limite pas en effet sa présence et ses activités au seul territoire français tant métropolitain qu’ultramarin. Il est aussi présent dans plus de 30 pays. Il a signé des traités d’amitié avec une centaine d’obédiences françaises ou étrangères, qui lui permettent d’entretenir de façon universelle des relations régulières avec tous les Francs-Maçons de la planète, en tentant d’y faire progresser ses idéaux dans des environnements parfois hostiles.